La facture d'électricité d'un local professionnel mélange quatre choses : un abonnement, une consommation, des taxes et la TVA. La consommation dépend de ton activité ; l'abonnement, lui, dépend d'un réglage choisi une fois, souvent à l'emménagement, puis jamais revu. Et c'est souvent là que se cache l'économie la plus simple.
Qui paie l'électricité du local, et à qui ?
L'entreprise paie son fournisseur d'électricité, celui avec lequel elle a signé son contrat. Le réseau, lui, est géré par Enedis (ou une entreprise locale de distribution) : c'est lui qui pose le compteur et relève la consommation, mais c'est le fournisseur qui facture.
Si l'électricité de ton local passe par les charges de l'immeuble, c'est le bailleur qui la refacture, selon ce que prévoit le bail : elle relève alors des charges locatives.
Tarif réglementé ou offre de marché ?
Au-delà de 36 kVA de puissance souscrite, les tarifs réglementés ont disparu : seules les offres de marché des fournisseurs restent possibles. En dessous, le tarif réglementé (le tarif Bleu) reste ouvert aux très petites entreprises, selon leur effectif et leur chiffre d'affaires : vérifie ton éligibilité auprès de ton fournisseur ou sur le site du médiateur national de l'énergie.
Combien coûte l'électricité d'un local professionnel ?
Le montant dépend de ta consommation, de ta puissance et de ton offre. Ce qui ne change pas, c'est la structure de la facture.
- L'abonnement dépend de la puissance souscrite, en kVA : la quantité d'électricité que ton local peut tirer au même moment. Tu le paies que tu consommes ou non.
- La consommation, en kWh, au prix de ton offre, parfois différent selon les heures.
- L'accise sur l'électricité, l'ancienne CSPE : 30,62 € par MWh depuis le 1er août 2026 pour un site de 36 kVA au plus.
- La contribution tarifaire d'acheminement (CTA), calculée sur la part fixe du tarif d'acheminement.
- La TVA, à 20 % sur l'ensemble depuis le 1er août 2025, abonnement compris. Ton entreprise la récupère si elle est soumise à la TVA.
Quand paie-t-on l'électricité ?
Le rythme dépend du contrat. Le plus souvent, une facture chaque mois ; certains contrats facturent tous les deux mois, ou mensualisent sur la base d'une estimation. Dans tous les cas, tu dois être facturé au moins une fois par an sur la base de ta consommation réelle, et non d'une estimation.
Cette facture sur relève réelle peut créer un rattrapage, dans un sens ou dans l'autre. Avec un compteur Linky, la relève est mensuelle et l'écart reste faible ; sans compteur communicant, la relève n'a lieu qu'une fois par an au minimum, et la régularisation peut être lourde.
Comment vérifier sa facture d'électricité ?
- La puissance souscrite est-elle adaptée ? Compare-la à la puissance maximale réellement atteinte, visible dans ton espace client Enedis avec un compteur Linky.
- La facture repose-t-elle sur un relevé réel ou une estimation ? C'est indiqué sur la facture. Plusieurs estimations d'affilée annoncent une régularisation.
- L'option tarifaire (base, heures pleines et heures creuses) correspond-elle à tes horaires d'activité ?
- Les taxes sont-elles celles d'un site professionnel, avec la TVA à 20 % sur l'ensemble ?
- Le point de livraison et l'adresse sont-ils ceux de ton local ?
Comment payer moins d'électricité ?
- Ajuster la puissance souscrite. C'est le levier le plus rapide : l'abonnement baisse chaque mois, sans changer tes usages. L'astuce sur la puissance souscrite montre comment lire ton pic réel et choisir le bon palier, sans risquer la coupure.
- Comparer les offres. Le comparateur du médiateur national de l'énergie est public et indépendant des fournisseurs.
- Adapter l'option tarifaire à tes horaires, si une grande partie de ta consommation peut se faire en heures creuses.
- Ne pas dépasser 36 kVA sans nécessité. Au-delà, tu changes de catégorie : plus de tarif réglementé, et un abonnement plus cher.
Comment prévoir l'électricité dans sa trésorerie ?
Inscris la facture comme une ligne mensuelle, mais pas forcément constante. Chauffage l'hiver, climatisation l'été : ta consommation a une saison, et ton prévisionnel doit la refléter. Les factures des douze derniers mois sont la meilleure base d'estimation.
Si ton contrat est mensualisé, garde une marge pour la facture annuelle sur relève réelle : c'est elle qui peut réserver une mauvaise surprise après un hiver froid ou une hausse d'activité. Et à chaque changement de prix ou de taxe, recale la ligne plutôt que d'attendre la régularisation.
Questions fréquentes sur l'électricité d'un local professionnel
Qu'est-ce que la puissance souscrite ?
C'est la puissance maximale, en kVA, que ton local peut tirer au même moment. Elle détermine le prix de l'abonnement, que tu consommes ou non. Si tu la dépasses, le compteur coupe.
Une entreprise a-t-elle droit au tarif réglementé d'électricité ?
Seulement pour un site de 36 kVA au plus, et sous conditions d'effectif et de chiffre d'affaires réservées aux très petites entreprises. Au-delà de 36 kVA, seules les offres de marché existent.
La TVA sur l'électricité est-elle récupérable ?
Oui, pour une entreprise soumise à la TVA : depuis le 1er août 2025, la TVA s'applique au taux de 20 % sur l'abonnement comme sur la consommation, et elle se récupère comme la TVA sur les autres achats professionnels.
Tous les combien reçoit-on une facture d'électricité ?
Selon le contrat : chaque mois, tous les deux mois, ou avec une mensualisation. La loi impose au moins une facture par an établie sur la consommation réelle.
Qui contacter en cas de litige avec son fournisseur ?
D'abord le service client du fournisseur, par écrit. Sans réponse satisfaisante, les petites entreprises de moins de 10 salariés et de moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires peuvent saisir le médiateur national de l'énergie, gratuitement.

